La Coupe du Monde VTT 2026 arrive dans les Pyrénées françaises pour un week-end 100 % gravity. Du jeudi 28 au dimanche 31 mai 2026, Loudenvielle-Peyragudes accueille la 2e manche DHI de la saison et la 1re manche EDR, avec une question simple : le début de saison coréen a-t-il déjà dessiné une hiérarchie, ou le terrain pyrénéen va-t-il tout remettre à plat ?
Le rendez-vous est officiellement listé par les WHOOP UCI Mountain Bike World Series du 28 au 31 mai, en Descente et Enduro. Le Pyrénées Bike Festival annonce aussi quatre jours d’accès gratuit, un village exposants massif, des animations, des concerts, et surtout une piste de descente qui commence à s’installer comme l’un des tests les plus complets du calendrier moderne.
Après Mona Yongpyong, en Corée du Sud, les descendeurs retrouvent un terrain beaucoup plus européen : vitesse pure, sections raides, bois, grip changeant et public collé à la piste. Pour l’enduro, c’est encore plus direct : Loudenvielle lance la saison EDR 2026, sur une journée de course longue, physique et potentiellement piégeuse si la météo pyrénéenne s’en mêle.
Le programme de la Coupe du Monde VTT à Loudenvielle
Le programme public du Pyrénées Bike Festival donne le cadre du week-end. Le jeudi sert surtout de mise en route avec le trackwalk DHI. Le vendredi concentre les entraînements DHI et EDR. Le samedi devient la grosse journée de sélection : course enduro, qualifications DHI, puis podium EDR. Le dimanche, la descente prend toute la place avec les finales juniors puis élites.
| Jour | Course | Horaire local |
|---|---|---|
| Jeudi 28 mai 2026 | Trackwalk DHI | 10h00 - 16h00 |
| Vendredi 29 mai 2026 | Training DHI | 08h30 - 16h30 |
| Vendredi 29 mai 2026 | Training EDR | 09h00 - 17h00 |
| Samedi 30 mai 2026 | UCI MTB WS Enduro | 10h00 - 17h00 |
| Samedi 30 mai 2026 | Qualifications DHI femmes élites | 12h30 puis 15h00 |
| Samedi 30 mai 2026 | Qualifications DHI hommes élites | 13h00 puis 15h30 |
| Dimanche 31 mai 2026 | Finale DHI junior femmes | 11h30 |
| Dimanche 31 mai 2026 | Finale DHI junior hommes | 12h20 |
| Dimanche 31 mai 2026 | Finale DHI élite femmes | 13h00 |
| Dimanche 31 mai 2026 | Finale DHI élite hommes | 14h15 |
Ces horaires sont locaux, donc en heure de Paris. Comme toujours sur une manche de Coupe du Monde, ils peuvent encore bouger avec la météo, la télévision ou les décisions de l’organisation. Pour suivre la saison complète, le calendrier général est sur notre page Coupe du Monde VTT 2026, et les classements course par course seront ajoutés sur la page résultats Coupe du Monde VTT 2026.
Pourquoi Loudenvielle est devenue une vraie piste de référence
Loudenvielle n’a pas l’ancienneté de Fort William, Val di Sole ou Mont-Sainte-Anne, mais la piste a déjà une identité très claire. Le site du festival rappelle que la DH a été créée pour la Coupe du Monde et inaugurée en 2023, avec une partie haute plus ouverte, rapide, puis une partie basse raide et boisée qui demande beaucoup plus que du courage.
C’est là que la manche se gagne souvent. Le haut oblige à porter de la vitesse, sans s’épuiser trop tôt. Le bas réclame une lecture froide, parce que la pente, les appuis et les impacts ne pardonnent pas les entrées de virage brouillonnes. Une piste comme ça avantage les pilotes complets : ceux qui savent attaquer, mais aussi ceux qui restent propres quand les bras commencent à saturer.
Le souvenir de 2025 est encore frais. Chez les hommes, Jackson Goldstone avait gagné devant Amaury Pierron et Jordan Williams. Chez les femmes, Gracey Hemstreet s’était imposée devant Valentina Höll et Tahnee Seagrave. Deux victoires canadiennes, deux courses où la partie basse avait pesé lourd. Loudenvielle ne récompense pas seulement le run le plus spectaculaire. Elle récompense le run qui tient jusqu’en bas.
DHI hommes : Vermette lance le débat, les Français répondent à domicile
La descente hommes arrive à Loudenvielle avec un scénario parfait pour le public français. En Corée du Sud, Asa Vermette a frappé très fort en gagnant sa première Coupe du Monde élite. Derrière lui, Loïc Bruni, Amaury Pierron, Loris Vergier et Nathan Pontvianne ont placé la France dans une position énorme, sans prendre la victoire.
La revanche arrive vite. Bruni reste la référence absolue sur les grandes journées de pression. Pierron a le style qui colle à Loudenvielle : engagé, puissant, capable de lâcher les freins dans les sections qui secouent tout le monde. Vergier sait gagner sur les pistes rapides et techniques, Pontvianne a montré qu’il pouvait déjà se mêler au très haut niveau, et les frères Alran ajoutent encore de la profondeur au groupe français.
Vermette, lui, arrive avec le maillot de leader et une inconnue excitante : comment va-t-il absorber la première grosse manche européenne de sa saison élite, face à un public acquis aux Français et sur une piste beaucoup plus longue dans l’effort mental ? Sa victoire coréenne n’avait rien d’un cadeau. Mais Loudenvielle va lui poser une question différente.
DHI femmes : Höll garde la main, Nicole et Hemstreet ont de vrais arguments
Chez les femmes, Valentina Höll a déjà remis les choses dans l’ordre à Mona Yongpyong. Sa victoire devant Gloria Scarsi et Myriam Nicole confirme ce que tout le monde sait déjà : quand Höll pose un run propre, elle oblige les autres à prendre des risques énormes.
Loudenvielle peut pourtant ouvrir la course. Myriam Nicole connaît parfaitement ce type de terrain, et le soutien du public français n’est pas un détail sur une piste où chaque appui peut faire gagner ou perdre du temps. Marine Cabirou possède aussi le profil d’une pilote capable de faire très mal dans le raide et le cassant, surtout si la piste se dégrade pendant le week-end.
Il faudra aussi surveiller Gracey Hemstreet, gagnante ici en 2025, et Tahnee Seagrave, toujours dangereuse lorsque le tracé demande de l’engagement. Gloria Scarsi, deuxième en Corée, arrive avec un résultat fort dans les jambes. La clé sera peut-être simple : éviter la faute sans rouler en retenue. À Loudenvielle, ce compromis se voit immédiatement au chrono.
Enduro : une première manche EDR très physique
L’enduro démarre sa Coupe du Monde 2026 à Loudenvielle. La page officielle du festival présente l’EDR comme la discipline historique de la Vallée du Louron : spéciales chronométrées descendantes, liaisons à gérer, sentiers naturels, terrain varié et technique. Pinkbike annonce pour cette ouverture un parcours de 49,8 km, avec 10,69 km de spéciales chronométrées réparties sur cinq stages.
Le menu prévu est dense : Nabias, Privilege, Six Pack, Coumaou et Tourtere. La plus longue spéciale atteint 3,69 km, la plus courte descend sous le kilomètre, et la dernière spéciale affiche près de 500 m de dénivelé négatif. Ce n’est pas seulement une course de vitesse. C’est une course d’usure, de choix de pneus, de trajectoires propres et de lucidité après plusieurs heures dehors.
Chez les femmes, Ella Conolly a une logique évidente de favorite après son titre général 2025 et sa domination à Loudenvielle l’an dernier. Mais l’enduro reste une discipline brutale avec les certitudes. Une crevaison, une erreur dans une spéciale courte, une liaison mal gérée, et toute la journée change de sens. Chez les hommes, Sławomir Łukasik, champion du général 2025, et Alex Rudeau, champion du monde 2024, font partie des noms à suivre de très près, avec Richie Rude, Dan Booker et les spécialistes capables de sortir une journée parfaite en montagne.
Le facteur météo peut tout durcir
La météo compte toujours en montagne, mais elle compte encore plus ici. Sur la DH, une averse peut transformer les racines et les appuis bas en pièges. Sur l’EDR, elle peut rendre les dernières spéciales plus lentes, plus physiques, et changer la valeur d’un départ tôt ou tard dans la journée.
Le scénario idéal pour les spectateurs serait une piste assez sèche pour garder de la vitesse, mais assez changeante pour créer des écarts. Le scénario redouté par les pilotes, lui, ressemble à une pluie qui arrive entre deux groupes ou juste avant les runs décisifs. Loudenvielle sait produire ce genre de tension.
Une manche charnière avant Leogang
Loudenvielle-Peyragudes arrive tôt, mais elle peut déjà donner beaucoup d’informations. En DHI, elle dira si Vermette peut enchaîner hors de Corée, si les Français transforment leur densité en victoire, et si Höll reprend son rythme de rouleau compresseur dès la deuxième manche. En EDR, elle posera la première vraie hiérarchie de la saison.
Après ce week-end pyrénéen, la Coupe du Monde prendra la direction de Saalfelden-Leogang, en Autriche, du 11 au 14 juin 2026, avec DHI et EDR au programme. Mais avant Leogang, il y a Loudenvielle. Une piste moderne, brutale, déjà respectée, et un public français qui aura rarement eu autant de raisons de regarder les chronos de près.
