La Coupe du monde VTT ne fera pas étape à Châtel/Morzine ce week-end. Le circuit WHOOP UCI Mountain Bike World Series se poursuit finalement à Morillon, en Haute-Savoie, du 14 au 16 août 2026, pour la sixième manche de la saison Enduro EDR. Dans la vallée du Giffre, les meilleurs spécialistes de la discipline vont retrouver un terrain alpin exigeant, entre longues liaisons, spéciales rapides et passages où la précision fera la différence.
Morillon prend le relais dans le calendrier UCI
La manche française devait initialement être associée à une étape de cross-country et de descente. Le calendrier officiel de la série place désormais Morillon au rendez-vous du 14 au 16 août, exclusivement pour l’Enduro. Le cross-country XCO et le Short Track XCC, accompagnés de la Descente DHI, sont programmés quelques jours plus tard à Les Gets, du 20 au 23 août.
Cette évolution modifie le visage du week-end, mais pas son intérêt sportif. L’enduro impose aux pilotes de gérer plusieurs efforts très différents. Les spéciales sont chronométrées en descente, tandis que les liaisons en montée doivent être réalisées dans le temps imparti. La victoire ne se construit donc pas seulement sur une attaque spectaculaire : elle dépend aussi de la régularité, de la lecture du terrain et de la capacité à conserver de la lucidité après plusieurs heures de course.
Le rendez-vous s’annonce également important pour le public. Morillon est installé dans la vallée du Giffre, au sein du Grand Massif, dans un environnement où les reliefs alpins offrent des changements de rythme permanents. Les coureurs devront composer avec des portions naturelles, des racines, des appuis irréguliers et des ruptures de pente qui peuvent transformer une spéciale en quelques secondes.
Ella Conolly arrive avec le maillot de leader
Chez les femmes, Ella Conolly mène le classement général EDR 2026 avant la manche française. La Britannique a remporté trois des cinq premières étapes de la saison, à Loudenvielle-Peyragudes, La Thuile et Aletsch Arena-Bellwald. Cette série lui a permis de prendre une avance importante au classement et de s’installer comme la référence du début de saison.
Son succès à Aletsch Arena-Bellwald a confirmé sa capacité à rester efficace sur un parcours où la course s’est jouée dans la durée. Conolly a devancé la Canadienne Elly Hoskin et l’Italienne Nadine Ellecosta. La leader devra toutefois se méfier d’un peloton féminin capable de bouleverser la hiérarchie sur une seule journée. En enduro, une erreur de trajectoire, une crevaison ou une perte de rythme dans une spéciale suffit à réduire rapidement l’écart construit pendant les manches précédentes.
Une opposition internationale dense
Mélanie Pugin occupe la deuxième place du classement général et porte les principaux espoirs français dans cette manche disputée à domicile. La Française a déjà gagné à Val di Fassa et connaît parfaitement les exigences d’une course où l’engagement doit rester compatible avec la maîtrise technique. Sa régularité sera l’un des éléments à suivre à Morillon.
Elly Hoskin complète le trio de tête avant le rendez-vous haut-savoyard. La Canadienne a terminé deuxième à Aletsch Arena-Bellwald et possède le profil pour se mêler à la lutte devant sur un terrain alpin. Derrière ce groupe, Winnifred Goldsbury et Raphaela Richter peuvent profiter de la moindre ouverture pour revenir dans la course au podium.
Lief Rodgers veut consolider son avance
Le profil exact des spéciales donnera aussi une place centrale au choix des lignes. Sur un terrain humide, les racines et les pierres peuvent changer d’adhérence d’un passage à l’autre. À l’inverse, une piste sèche favorisera les pilotes capables de conserver de la vitesse dans les enchaînements rapides sans perdre de temps dans les relances. Les équipes devront donc adapter les réglages et la stratégie au fil du week-end, en tenant compte de la météo et de l’état du terrain, désormais décisive.
Cette incertitude rend chaque reconnaissance précieuse. Les coureurs mémorisent les freinages, repèrent les appuis qui peuvent céder et cherchent les trajectoires les plus propres. À Morillon, la régularité sur l’ensemble des spéciales pourrait compter davantage qu’un seul temps canonique.
Chez les hommes, Lief Rodgers est le leader du classement général EDR avant Morillon. Le Canadien a construit sa première place grâce à une présence régulière aux avant-postes et à sa deuxième position obtenue à Aletsch Arena-Bellwald. Il devra cette fois résister à Ryan Gilchrist, vainqueur de la dernière manche, et à un groupe français particulièrement bien représenté.
Gilchrist a remporté la course suisse devant Rodgers et Adrien Dailly. Son succès intervient après plusieurs résultats solides et relance complètement la dynamique de la saison. L’Australien connaît désormais la pression liée à la première place d’une manche et cherchera à confirmer à Morillon, sur un parcours qui pourrait favoriser les pilotes capables de maintenir une vitesse élevée tout au long des spéciales.
Les Français au cœur de la bataille
Adrien Dailly occupe la troisième place du classement général. Le Français s’était imposé à Saalfelden-Leogang et reste l’un des candidats naturels au podium en Haute-Savoie. Son expérience du circuit, son aisance dans les terrains techniques et sa capacité à gérer une course par étapes en font un coureur à surveiller sur chaque spéciale.
Raphaël Giambi et Alex Rudeau figurent eux aussi parmi les Français capables de jouer les premiers rôles. Giambi a remporté la manche de La Thuile, tandis que Rudeau s’était imposé lors de l’ouverture à Loudenvielle-Peyragudes. Leur présence offre plusieurs cartes à la sélection française et peut donner lieu à une course tactique, avec des pilotes capables d’attaquer sur des profils différents.
Le classement général reste suffisamment ouvert pour que Morillon pèse sur la suite de la saison. Rodgers cherchera à protéger son avance, Gilchrist voudra prolonger son élan et Dailly devra profiter de son terrain familier pour réduire l’écart. Chez les femmes, Conolly aura le même objectif : repartir de France avec une avance encore plus solide avant la fin de la saison.
Le programme officiel prévoit des journées d’entraînement les jeudi 13 et vendredi 14 août. Les compétitions principales débuteront samedi 15 août avec la première journée de course Enduro, avant une deuxième journée le dimanche 16 août. Les catégories Elite, Juniors et Open se succéderont sur le week-end, avec une arrivée progressive des résultats au fil des spéciales et un enjeu majeur.
La manche ne se résumera pas aux seuls classements Elite. Les Juniors poursuivent également leur apprentissage au plus haut niveau, tandis que les courses Open permettront à d’autres pratiquants de découvrir l’ambiance d’un grand rendez-vous international. Le site de Morillon prévoit en parallèle plusieurs animations autour du vélo et de la montagne, notamment au départ de la télécabine et dans le secteur du village.
Pour les spectateurs, l’intérêt sera de suivre les écarts entre les spéciales plutôt que d’attendre une seule arrivée finale. Les écarts peuvent se créer sur un secteur court, puis disparaître dans la spéciale suivante. Cette incertitude donne à l’enduro son caractère particulier et oblige les coureurs à rester engagés jusqu’au dernier passage.
La suite à quelques kilomètres de là
Après Morillon, la Coupe du monde VTT restera en Haute-Savoie. Les Gets accueilleront du 20 au 23 août la manche XCO/XCC #7 et DHI #7. Le calendrier enchaînera donc deux grands week-ends français, avec l’enduro à Morillon puis le cross-country et la descente aux Gets.
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