Après une réunion tenue le 17 août 2026 avec le Groupement pastoral, la mairie des Gets a précisé son choix pour le Mont Chéry : aucune nouvelle pratique VTT ne sera développée sur la partie sommitale et le futur télésiège ne recevra pas d’équipement pour transporter les vélos. Pour les pratiquants, la conséquence est immédiate : la descente familiale annoncée du sommet vers le village ne doit plus être intégrée à un projet de sortie.
La piste familiale du sommet sort du projet
Le projet initial devait ajouter un itinéraire VTT familial partant du sommet du Mont Chéry et rejoignant le pied de la télécabine, dans le village des Gets. Le dossier d’enquête le présentait comme une descente ludique et accessible, conçue pour canaliser les pratiquants sur un tracé identifié. Cette création ne sera pas menée selon les orientations désormais annoncées par la commune.
Une première communication municipale avait parlé de suspension à l’issue de l’enquête publique. La précision publiée après la réunion du 17 août va plus loin pour la partie haute : la mairie indique qu’aucune pratique VTT n’y sera développée. Elle écarte aussi toute installation permettant d’embarquer des vélos sur le futur télésiège. Ces deux éléments ferment, à ce stade, le scénario d’une montée mécanisée suivie d’une nouvelle descente familiale depuis le sommet.
Cette décision ne doit pas être transformée en interdiction générale que le texte municipal n’énonce pas. La commune ne dit pas que tous les vélos sont bannis de l’ensemble du Mont Chéry, ni que tout le Bike Park ferme. Elle retire les nouveaux aménagements VTT de la partie sommitale. Le rapport d’enquête distingue d’ailleurs ce secteur du bas Chéry, où il mentionne une piste noire et une double noire. Avant de rouler, il faut donc se fier au balisage ouvert et aux informations d’exploitation du jour, sans confondre l’offre existante avec la piste familiale qui était seulement projetée.
Ce que cela change pour préparer une sortie aux Gets
Un séjour ne peut plus être construit autour d’une nouvelle piste facile reliant le sommet au village. Les pratiquants débutants ou les familles doivent choisir leur parcours parmi les pistes effectivement ouvertes, vérifier le niveau annoncé et contrôler quelles remontées acceptent les vélos. Le futur télésiège du haut Chéry ne pourra pas être considéré comme une liaison VTT, puisque la commune exclut expressément l’installation d’un équipement de transport adapté.
Cette distinction compte aussi pour les recherches d’itinéraires en ligne. Une carte issue du dossier d’enquête, un article consacré au projet ou une trace partagée avant la décision ne prouve pas qu’un parcours est ouvert. La bonne méthode consiste à vérifier la carte officielle en vigueur, les panneaux sur place et les consignes des exploitants. Pour compléter la préparation d’une sortie ou trouver un rendez-vous organisé dans le département, le calendrier VTT de Haute-Savoie permet de rester sur des événements identifiés plutôt que de miser sur un équipement abandonné.
Le changement ne supprime pas non plus les obligations de cohabitation. La réflexion municipale porte précisément sur le partage du territoire entre activité pastorale, espaces naturels, habitants et usages touristiques. Un vététiste doit rester sur les tracés autorisés, respecter une fermeture matérialisée et ralentir à l’approche d’un troupeau ou d’autres usagers. Dans ce secteur, sortir d’une piste officielle ne peut pas être justifié par l’absence de la future descente familiale.

Pourquoi la piste a concentré le débat
L’enquête publique s’est déroulée du 1er juin au 1er juillet 2026. Le commissaire enquêteur rapporte avoir reçu vingt-neuf personnes pendant ses permanences et décrit une forte mobilisation sur le registre numérique. Dans son analyse des contributions consacrées à la piste, il estime que plus des deux tiers étaient défavorables à sa création. Le sujet VTT a ainsi occupé une place beaucoup plus importante que d’autres travaux pourtant lourds dans le programme global.
Le tracé familial devait répondre à une difficulté réelle identifiée par le dossier : sur le bas Chéry, l’offre existante visait les pilotes chevronnés avec des niveaux noir et double noir. La nouvelle piste devait élargir l’accès à un public moins expérimenté et canaliser les circulations, afin de réduire les traces diffuses et les conflits d’usage. Les contributions favorables défendaient cette diversification et l’intérêt économique d’une activité estivale adaptée aux familles.
Les oppositions ont porté sur l’agriculture de montagne, la biodiversité, le paysage et la capacité à empêcher les passages hors piste. Des exploitants ont décrit une cohabitation difficile entre descentes VTT et travail en alpage. Plusieurs organisations agricoles et environnementales ont demandé une concertation plus approfondie. Le rapport relève aussi que le secteur est identifié comme espace agricole stratégique et que la création de nouvelles pistes manquait d’une analyse économique et financière assez détaillée.
Avant la suspension, le dossier prévoyait des mesures de réduction : travaux principalement à l’automne, vérification de l’absence de poussins d’espèces sensibles, ouverture du haut Chéry décalée après le 7 juillet et présence d’écogardes ou d’un garde champêtre. Ces éléments expliquent la nature des enjeux examinés, mais ils ne constituent pas un calendrier d’ouverture pour les vététistes. La piste à laquelle ils se rattachaient n’est plus développée.
Le reste du réaménagement n’est pas annulé
La décision VTT ne signifie pas l’abandon de tout le programme du Mont Chéry. Le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable à l’ensemble des autres travaux, avec des recommandations. Le projet prévoit notamment de réemployer le télésiège des Grains d’Or sur la partie haute et de supprimer quatre remontées mécaniques : le télésiège de la Grande Ourse, le téléski Super Chéry, le téléski de la Pointe et le télésiège de la Pointe.
Une piste de ski bleue, le remodelage d’une bosse de la piste rouge de la Marmotte et un espace débutant avec tapis figurent également dans le programme. Sur le secteur de la Rosta, le reprofilage de la piste de la Renardière représente 47 700 mètres cubes de déblais et remblais équilibrés sur place. La mairie s’est engagée à intégrer un suivi par un écologue et l’intervention d’un paysagiste pour ce secteur.
Pour le pratiquant VTT, le point décisif tient au découplage des équipements. Le télésiège peut être réinstallé pour le fonctionnement hivernal sans devenir une remontée estivale pour vélos. Voir le chantier avancer ou l’appareil entrer en service ne signifiera donc pas que l’accès mécanisé au sommet est ouvert aux VTT. Cette vérification devra porter sur l’équipement réel et les règles de transport, pas seulement sur le fonctionnement de la remontée.
Une concertation qui peut modifier l’offre future
La commune annonce une nouvelle phase de dialogue qui réunira habitants, exploitants agricoles, associations environnementales, commerçants et autres acteurs concernés. Elle prévoit aussi d’actualiser son Programme d’aménagement touristique durable dans l’année et de produire les analyses financières demandées. La gestion des pistes existantes, leur végétalisation, leur encadrement et le contrôle de l’activité VTT font partie des sujets proposés à cette concertation.
Le vocabulaire mérite ici une lecture précise. La piste familiale est suspendue dans la première annonce, puis la mairie affirme qu’aucune pratique VTT ne sera développée sur la partie sommitale selon les orientations retenues. Une évolution future n’est pas impossible en droit, mais la commune indique qu’elle ne pourra intervenir sans concertation préalable. En pratique, aucun vététiste ne doit anticiper aujourd’hui une date d’ouverture, un tracé de remplacement ou un futur service de transport de vélos qui n’a pas été annoncé.
Le rapport invite plus largement la station à encadrer l’accès VTT au territoire montagnard, y compris avec l’essor du VTTAE qui permet de parcourir davantage de secteurs sans remontée mécanique. Cette réflexion porte sur l’information, la sensibilisation et, si nécessaire, la réglementation. Elle rappelle une règle de préparation simple : la capacité technique d’atteindre un lieu ne vaut pas autorisation d’y rouler.
Les vérifications à faire avant de partir
Avant une journée aux Gets, contrôlez séparément quatre informations : les pistes VTT réellement ouvertes, leur niveau, les remontées qui transportent les vélos et les restrictions locales affichées. Ne déduisez jamais l’une de l’autre. Une remontée ouverte aux piétons peut refuser les vélos, une piste visible sur une ancienne carte peut rester à l’état de projet et un chemin physiquement accessible peut traverser un espace où la pratique est encadrée.
Sur le Mont Chéry, retenez surtout deux conséquences concrètes. La nouvelle descente familiale depuis le sommet ne fera pas partie de l’offre annoncée, et le futur télésiège ne sera pas équipé pour embarquer les VTT. Les pistes existantes doivent, elles, être vérifiées dans les informations d’ouverture du moment. Cette lecture évite d’arriver avec un niveau de pratique, un vélo ou un plan de retour inadapté.
Enfin, gardez une alternative avant le départ. Si le tracé visé est fermé ou réservé à un autre niveau, reportez-vous à une piste balisée ouverte plutôt que d’improviser dans l’alpage. La décision du Mont Chéry montre que la disponibilité d’un secteur dépend autant de la concertation locale et des usages agricoles que de sa possibilité technique. Pour rouler sereinement, la dernière information officielle doit toujours l’emporter sur une trace enregistrée ou une annonce ancienne.
